Nouveaux modes de formation pour se démarquer

Citation Thomas Jefferson

Les communautés de pratique pourraient devenir l’un des ingrédients fondamentaux de l’entreprise de demain. L’intérêt croissant pour ces réseaux sociaux d’entreprise accompagne l’émergence de la nouvelle forme d’organisation d’entreprise, ou entreprise 2.0. Comme professionnels de la formation, nous sommes convaincus de la valeur ajoutée du développement collaboratif des compétences.

L’êtes-vous ?

Certains affirment même que les organisations qui se démarqueront, seront celles qui auront placé ces nouveaux modes de formation au cœur des transformations qu’elles opèrent.  Pourtant, malgré les avantages évidents que les communautés de pratique procurent, elles sont souvent vacillantes ou demandent trop d’énergie à mettre en place et à faire vivre.

Ce billet est une réflexion pour initier un échange et tenter de répondre à quelques questions.

Comment les définir ?

Les communautés de pratiques sont des groupes de personnes qui partagent une préoccupation, un ensemble de problèmes et une passion pour un sujet et qui approfondissent leur savoir et leur expertise dans ce domaine en interagissant de manière continue.

L’objectif de ces rencontres, virtuelles ou réelles, est de résoudre collectivement des problèmes, de partager des solutions, ou plus largement, des savoirs.

Souvent créées par des passionnés pour des passionnés, les communautés de pratique sont des systèmes vivants, fluides et en perpétuel changement.

Avantages

Pour vous aider à les vendre à votre organisation (ou à vous convaincre ?), voici une série non exhaustive d’avantages.

Participer activement à une communauté de pratique permet non seulement de résoudre des problèmes de manière collective, mais aussi de construire une compréhension partagée d’une activité ou d’un métier. Quelles sont les questions en vogue ? Y a-t-il une tendance commune ?

Les communautés de pratiques sont sources d’apprentissage et de savoirs, elles sont aussi sources d’inspiration et donnent du sens à nos actions. Fondées sur la passion, elles permettent de tisser des liens forts entre ses membres, un sentiment d’appartenance à un objectif commun, comme celui du RPFQ qui est de contribuer à la qualité des actions de formation au Québec.

Les organisations peuvent s’en servir pour le perfectionnement des pratiques, l’accompagnement des nouveaux, comme quête de sens quant à la pratique ou pour créer un répertoire d’expériences. Les communautés de pratique peuvent aussi être en lien direct avec les orientations stratégiques de l’organisation. Dans une organisation qui vend des logiciels particulièrement complexes, une communauté de pratique s’est créée entre représentants pour partager leurs astuces de vente et les fonctionnalités les plus populaires auprès des clients. Dans cet exemple, la communauté de pratique a un rapport direct avec la principale priorité organisationnelle.

Le grand MAIS

Les communautés de pratique ne vivent pas toutes seules et pour demeurer actives, cela demande un engagement important de la part de ses membres. Aussi, il semble qu’elles soient rarement reconnues formellement par l’organisation.

Passé les premiers moments d’enthousiasme ou suite à des changements organisationnels, il arrive que les membres d’une communauté de pratique finissent par réduire ou abandonner leur activité. Souvent, le manque de participation ou la diminution du nombre de membres influents en accélère la disparition.

Un exemple concret – l’histoire de Vincent

Vincent est passionnée par son métier d’audio designer. L’organisation dans laquelle il travaille encourage fortement la création de communautés de pratique via une plateforme 2.0 maison. Les collègues de Vincent sont éparpillés dans plusieurs studios à travers le monde. Il décide de se lancer lui-aussi dans la création d’une communauté pour les passionnés du son. Vincent a de la crédibilité, il est une référence dans son domaine, au sein et à l’extérieur de son organisation. Pour encourager la participation à sa communauté, il développe un système de reconnaissance pour les plus ardents participants. 18 mois après le lancement de la communauté, des milliers d’échanges de passionnés échangés entre Montréal, Shanghai, Singapoure et Paris, Vincent est promu à un poste de direction.

Ses nouvelles responsabilités ne lui permettent plus de gérer la communauté qui ne prend que quelque temps pour… péricliter. Immense déception qui tend à se répéter, ça et là.

Une invitation

La conférence du 21 février 2013 prochain nous permettra d’apprendre à mieux gérer la mise en œuvre d’une communauté de pratique, d’assurer son succès et son maintien.

Pour en savoir plus et vous inscrire.

Mise à jour (10 février 2013)

Suite au commentaire de Michel Girard, nous avons déniché 3 PDF du CEFRIO qui peuvent vous intéresser:

Voici également un lien menant vers une vidéo de Kimiz Dalkir où on elle aborde différents sujets relatifs aux communautés de pratique: définition, utilisation, avantages, limites, conditions de succès et outils technologiques.

 

A propos

Sylvie Lasser est conceptrice pédagogique à son compte et développe des solutions d'apprentissage et de transfert d'expertise depuis plus de 15 ans.

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3 commentaires sur “Nouveaux modes de formation pour se démarquer
  1. Merci Sylvie pour cette réflexion sur les communautés de pratique.

    La conférence du 21 février nous aidera certainement à mieux faire vivre nos communautés en ligne du R.P.F.Q. et à bien différencier les avantages et le fonctionnement de chacune:
    – la première ouverte à tous: plus de 1200 inscrits
    – la seconde réservée aux membres du RPFQ: environ 100 membres, souvent très fidèles depuis des années.

    Ma petite expérience avec les communautés virtuelles m’a appris que le nombre d’inscrits donne la variété des échanges. Par contre, la qualité des liens entre les personnes et la notion d’appartenance donnent des échanges plus puissants.

    Et dans tous les cas, cela prend un “Vincent”, comme dans ton exemple pour l’animer.

    J’ai bien hâte d’écouter la conférencière pour apprendre d’autres conditions gagnantes. R.v. le 21 février.

  2. Michel Girard dit :

    Je connais bien Kimiz Dalkir, une sommité internationale en gestion des connaissances (je ne saurais trop recommander son livre sur ce sujet), et sa conférence sera sans doute très intéressante.

    Je recommande également le guide du CEFRIO sur les communautés de pratique intitulé Modes de travail et de collaboration à l’ère d’Internet. Il a été produit dans la foulée d’une recherche empirique fort importante, menée par huit chercheurs de quatre universités québécoises. Et il existe une littérature abondante sur les communautés de pratique et les textes incontournables à mon avis ont été écrits par Etienne Wenger à qui, avec Lave, on attribue la paternité du terme.

    Mon expérience en planification et accompagnement de projets de communautés de pratique des dix dernières années m’a appris que le modèle de Wenger est sans doute le plus exigeant mais aussi le plus bénéfique pour leurs membres et les organisations qui les emploient. L’histoire de Vincent en est une excellente démonstration.

  3. matlaferriere dit :

    @Michel @Françoise merci pour vos ajouts pertinents. Bien hâte d’en discuter le 21 février prochain.